La pierre sèche, aujourd'hui en Wallonie et ailleurs

En Wallonie

En Belgique, en 1999, démarre un projet à Blaton avec la Fondation rurale de Wallonie.  Qualité-Village-Wallonie élabore un inventaire en 2008 financé par la Région Wallonne.  Depuis avril 2010, suite aux actions conjointes de ces associations, les constructions en pierre sèche sont reconnues comme élément du petit patrimoine et bénéficient à ce titre de subsides pour leur restauration et leur promotion.  Quant à l'Institut du Patrimoine Wallon, le Centre de la Paix-Dieu, il organise des formations tout public depuis 2009.

Depuis avril 2011, les communes de Durbuy, Erezée, Hotton, Houffalize, La Roche-en-Ardenne, Manhay et Rendeux s'inscrivent dans ce vaste mouvement européen de valorisation du savoir-faire de la maçonnerie en pierre sèche via le projet mené par le GAL Pays de l'Ourthe.

Ailleurs

En sélectionnant une série d'actions, le GAL Pays de l'Ourthe vous invite à découvrir comment ce savoir-faire est valorisé en Europe.  Plus qu'une simple liste, ces projets nous conscientisent sur le fait que cette technique, liée au monde rural, nous rassemble autour de préoccupations communes : la préservation de notre identité paysagère et patrimoniale intégrée à une réflexion générale de développement durable.  Ce savoir-faire traditionnel, art de la nécessité, passionne, rassemble et propose des solutions pour des problèmes actuels.

En France, depuis plus de 30 ans, nombre d'associations tels que :

  • le CERAV (Centre d'Etudes et de Recherches sur l'Architecture Vernaculaire)
  • l'APARE (Association pour la Participation et l'Action Régionale)
  • Alpes de lumière,
  • le Parc National des Cévennes

oeuvrent à la connaissance et reconnaissance de ce patrimoine et de ce savoir-faire tout autant qu'à sa restauration, à son apprentissage et à sa transmission.  Sans détailler leurs parcours, nous relevons que ces associations ont mis en place un vaste champ d'actions :

  • études,
  • inventaires,
  • expositions,
  • séminaires formations,
  • chantiers de restauration
  • et publications

Ces associations ont participé également à de nombreux projets européens comme :

  • REPPIS (Réseau Européen des Pays de la Pierre Sèche)
  • PROTERRA,
  • LIFE, etc...

Des programmes LEADER ont aussi soutenu des projets liés aux constructions en pierre sèche comme ceux des :

  • GAL "Ventoux-Monts de Vaucluse, Pays de la pierre sèche"
  • GAL "Les Cévennes".

En 2000 naît l'idée de créer une filière professionnelle.  Dès lors, le partenariat s'étend aux institutions professionnelles, telles que

  • la Chambre de Métiers et de l'artisanat du Vaucluse,
  • la CAPEB nationale (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment)
  • et aux scientifiques.

Des études scientifiques ont été mises en place, notamment par l'Ecole nationale des travaux publics de l'état de Lyon, pour évaluer la performance de ces murs et ainsi légitimer cette technique. Simultanément, porté par la CABEP nationale, un "Guide des bonnes pratiques de construction de murs en pierre sèche" est rédigé collégialement, constituant le premier ouvrage de référence technique national.  C'est donc une oeuvre collective d'artisans qui ont confronté leur savoir-faire et en ont vérifié scientifiquement la fiabilité.

Aujourd'hui, l'ensemble de ces actions a porté ses fruits au regard du cadre législatif obtenu

  • En 2007, la labellisation EPV de ce savoir-faire (Entreprise Patrimoine Vivant) par le Ministère des PME et artisanat.
  • En mars 2010, un certificat de qualification professionnelle "CQP ouvrier professionnel en pierre sèche" homologué par la Commission nationale (CPNE).  Il est donc possible au murailleur de faire valider ses compétences.

A Majorque, une importante démarche de protection est en cours depuis les années 1980.  Initiateur et coordinateur de nombreux projets européens, le Conseil Insular de Mallorca associe des travaux de recherches, d'études et d'inventaire à la formation (entre autre, programme de réinsertion socio-professionnelle) et à la restauration.  Le tout s'accompagne d'actions de sensibilisation et de communication auprès des élus et des habitants.  Ainsi, un nouveau marché a émergé, la création d'emplois a suivi.  La valorisation touristique des restaurations de murs et des sentiers est assurée par des projets touristiques responsables.

L'Etat a mis en place un cadre législatif :

  • tout permis d'urbanisme s'accompagne d'une obligation de préserver les murs en pierre sèche
  • protection de plusieurs sites
  • obligation d'inventorier sur chaque commune les constructions en pierre sèche
  • Loi Leco, en 2005, loi environnementale visant la protection des espaces aménagés qui préservent les ressources naturelles
  • subsides pour la restauration des murs en pierre sèche liés à la culture oléicole.

La Croatie, s'inspirant de la législation de Majorque, a également créé un cadre législatif afin de lutter contre l'érosion et de mettre en valeur le paysage pour le tourisme.

A Chypre, le Ministère de l'aménagement et de l'habitat, en charge du programme de restauration et d'entretien des murs et des calades, a introduit des incitations fiscales, avec contrôle d'expert conseillant avant les travaux.  Ceci dans le but de combattre l'érosion.

En Italie, c'est la Province d'Imperia en Ligurie qui a institué un principe de protection du patrimoine en pierre sèche.  Un service de techniciens prodigue des conseils et assure la surveillance de l'état de conservation des murs.  Là aussi, la lutte contre l'érosion et les ravages des ruissellements lors de fortes pluies ont motivé la prise en compte du patrimoine en pierre sèche.

En Grande-Bretagne, les Parcs Nationaux ont inscrit la protection de leur paysage rural et subventionnent les agriculteurs qui restaurent leurs clôtures en pierre sèche sous réserve qu'ils aient recours aux artisans labellisés par la Dry Stone Walling Association.  Créée en 1968, cette association, en plus de l'organisation régulière de formations pratiques pour le grand public, assure la filière professionnelle.  Elle donne des formations qualifiantes et organise les examens pour l'obtention du certificat.

Au Luxembourg, en 2009, dans le cadre "La nature-le goût de la vie", le Ministère de l'Environnement et le SICONA-Ouest lancent un projet pilote sur 21 communes dans le but de rendre les villages plus attractifs pour la nature.  Une des actions encourage les habitants à construire des murs en pierre sèche dans leur jardin en offrant une aide financière : 75 €/m3 pour l'achat des pierres et 230 €/m3 pour le transport et l'aménagement.

En Suisse, les acteurs en faveur de ce savoir-faire foisonnent. Il existe aussi une fédération de professionnels maçons en pierre sèche qui participe à de nombreux programmes européens.  Le cadre législatif prévoit des mesures de protection des terres agricoles en terrasses dans le but de préserver l'aspect caractéristique du paysage et de favoriser la revitalisation des milieux naturels modifiés ainsi qu'une aide financière pour les exécuter.